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2010


 

 

COMPTE RENDU  DE  L’ASSEMBLÉE  GÉNÉRALE
 
DU  26  NOVEMBRE  2010

 

Le président Thierry BURKARD a ouvert la séance à 19 heures après avoir souhaité la bienvenue aux participants et remercié la municipalité d’Obernai d’avoir mis à la disposition de l’Association la belle salle Renaissance. Il a salué tout particulièrement la présence de son maire, M. Bernard FISCHER, vice-président du Conseil général, membre d’honneur de l’Association, qui, malgré de lourdes obligations, a bien voulu participer à la première partie de la réunion.

Le président lui a donné immédiatement la parole :

M. Bernard FISCHER a redit son attachement personnel à la rénovation et au devenir du domaine de la Léonardsau, acquis par la ville en 1970, tout en regrettant que, dans le passé, les précédentes équipes municipales s’en soient si longtemps désintéressées. Il a remercié  l’association de son dynamisme.

En ce qui concerne le château, un diagnostic approfondi a été établi par les services de la Ville.
Les premières mesures de conservation ont été prises. Le bâtiment a été mis hors d’eau et les dégradations constatées – en particulier les ravages causés par la mérule -  ont été, semble-t-il, définitivement endiguées. En 2011, les ornements de façade les plus sensibles aux intempéries (boiseries) devraient être déposés et conservés.

Cependant la rénovation complète du bâtiment et son adaptation aux normes EPR (Etablissement recevant du public) nécessitent un très lourd investissement financier (plusieurs millions d’euros) pour lequel la Ville cherche depuis longtemps un partenaire ou un mécène.

En cette période de crise économique et de restriction des ressources publiques, il est difficile de solliciter le Conseil général, dont le budget annuel d’investissement a considérablement diminué (il est passé en trois ans de 240 millions d’euros à 160 millions).

La « Fondation Transplantation », présidée par M. Robert LOHR, a marqué depuis deux ans son intérêt pour la Léonardsau. Chaque fois que le Maire a eu l’occasion de rencontrer M. LOHR, celui-ci lui a confirmé ses intentions de financement. Le groupe LOHR, qui compte environ 1400 salariés, n’est cependant pas à l’abri des difficultés économiques actuelles. L’Association est pour le moment suspendue à sa décision. Il n’y a pas pour le moment d’autres alternatives.

En réponse à une demande écrite que l’association lui avait adressée il y a quelques semaines, le maire d’Obernai a confirmé qu’il ne voyait que des avantages à ce que l’Association soit associée aux projets de rénovation en cours. Les membres du bureau doivent pouvoir effectuer avec les services de la Ville « un travail conjoint pour de petites choses ». Le maire a cité en particulier la réfection du portillon et de la clôture du « jardin italien ». Il a pris bonne note de la demande (déjà ancienne) d’un panneau d’information touristique pour la Léonardsau, sur le modèle de ceux qui ont déjà été réalisés pour les principaux monuments du patrimoine historique d’Obernai.

M. FISCHER a invité donc l’Association à prendre ou garder le contact avec les responsables municipaux en charge de la rénovation de la Léonardsau : M. Yann JOVELET, architecte de la Ville, et M. Francis BRONNER, responsable des Parcs et Jardins. L’Association l’a remercié pour son feu vert.

En réponse à Jean-Charles SPINDLER, qui souhaite pouvoir faire un inventaire photographique de la décoration intérieure du château (en principe fermé à toute visite), M. Bernard FISCHER lui a recommandé de prendre l’attache de Mme Christine MULLER, archiviste de la ville.

En terminant ses propos le maire d’Obernai a donné quelques informations concernant l’avenir du château de Hell, qui appartient à la Ville, et l’acquisition par un nouveau propriétaire du domaine du Bühl (anciennement propriété Champion), situé à proximité de la Léonardsau.

À la suite de l’intervention du maire, M. Francis BRONNER, responsable des services jardins de la ville,  a présenté un exposé complet accompagné de photos des travaux effectués en 2010 par son service dans le parc de la Léonardsau (avec le concours de la paysagiste Agnès DAVAL) : rétablissement des perspectives, coupe et élagage des arbres, reprise des haies, des topiaires et de la bordure de buis devant le château, dégagement de l’escalier du jardin français, du banc de l’allée des buis et de la fontaine des chimères, mise au jour de l’ancien jardin japonais, remise en valeur du plan d’eau au pied du grand séquoia, remise en état du ruisseau alpin (ci-dessous).

L’exposé de M. BRONNER a été très applaudi, tout comme l’avait été celui de M. B. FISCHER
L’Association est consciente des progrès considérables qui ont été réalisés dans le parc et qui doivent encore se poursuivre. Ils témoignent de la volonté de la municipalité de rendre toute sa beauté à l’oeuvre d’Édouard ANDRE et de Jules BUYSSENS. Le maire a rappelé que, quelle que soit la destination future du château, le parc devrait rester ouvert au public.

Au cours de la discussion qui a suivi, le président de l’Association, M. Thierry BURKARD a présenté quelques suggestions concernant le parc : elles figurent dans son rapport moral. Il a demandé à M. BRONNER de bien vouloir transmettre à l’Association sa documentation photographique, afin de la faire figurer sur son site internet. Cette autorisation a été accordée.

Après le départ du maire, le président présente son rapport moral.


RAPPORT MORAL DU PRÉSIDENT

« Je voudrais remercier chaleureusement M. Bernard FISCHER, maire d’Obernai et vice-président du Conseil général, de sa présence ce soir à notre assemblée générale.  Le maire d’Obernai est membre d’honneur de notre association , mais c’est toujours un honneur renouvelé qu’il nous fait lorsqu’il peut nous consacrer un peu de son temps, malgré ses lourdes obligations.

De plus, les propos qu’il a tenus ne sont pas une simple allocution de circonstance. Ils sont riches de contenu et les points qu’il a abordés rejoignent bien, vous l’avez tous constaté, les préoccupations qui ont été celles de notre association au long de l’année écoulée. En fait, grâce à l’intervention de M. FISCHER, une partie de mon rapport moral est déjà faite !

Le premier objectif de notre association est la défense du site de la Léonardsau. C’est le principal sujet abordé par M. FISCHER. Et il se divise en deux thèmes de réflexion : le château et le parc.

Pour le château, reconnaissons que les évolutions sont lentes, que les problèmes subsistent et les inquiétudes ne sont pas dissipées.

La demeure est définitivement fermée au public. La ville d’Obernai a fait, comme l’a rappelé M. le Maire dans son exposé détaillé, un travail très complet d’étude et de diagnostic et elle a effectué, sous le contrôle de M. Yann JOVELET, les travaux d’urgence et de sauvegarde. Ils seront poursuivis en 2011 avec la dépose des boiseries extérieures (certaines d’art espagnol), mesure sans doute indispensable mais qui va beaucoup nuire à l’aspect esthétique du bâtiment, et cela pour une durée indéterminée…

Pour l’avenir, le financement manque, et je ne peux que vous renvoyer aux propos de M. le Maire qui ont été clairs et loyaux. Depuis deux ans, notre association est suspendue à la décision de la ville, et la ville est suspendue à la décision de M. Robert LOHR. Situation d’attente bien inconfortable…

Pour le parc, au contraire, un progrès considérable peut être constaté. M. FISCHER nous a rappelé l’ampleur des travaux qui ont été effectués cette année par les services municipaux, et l’exposé de M. Francis BRONNER, responsable des Parcs et Jardins, nous en a donné le détail. Nous le remercions et nous le félicitons. Nous espérons pouvoir bientôt faire figurer sur notre site internet la documentation photographique qu’il nous a présentée.

Le parc reprend belle allure, même si, à notre sens, un travail complémentaire reste nécessaire : les vues sur le mont Sainte-Odile sont encore trop étriquées ; il faut replanter et densifier le massif à l’entrée du domaine, dans l’esprit de son créateur Édouard ANDRE, de manière à rendre invisible le bâtiment à ceux qui franchissent le portail ; il faut aussi multiplier les plantations florales, notamment dans le jardin italien, dit aussi « jardin des collections », et rehausser la hauteur des frondaisons dans le jardin français, autour du « théâtre de verdure » ; il faut restaurer et rétablir les statues des Quatre Saisons, reconstituer le mobilier de jardin, le portillon et les clôtures de bois. De plus, un travail délicat devrait être mené pour retrouver et restaurer le réseau, en partie souterrain, des canalisations et redonner au parc ce qui faisait son charme, la présence de l’eau dans les ruisseaux et les fontaines.

Pour certains de ces travaux de réhabilitation, notre association serait prête à apporter son concours, notamment en faisant appel à des artisans qu’elle connaît. M. le Maire vient de nous donner l’autorisation explicite d’engager cette coopération avec les services de la ville.

Et que faire de plus ? Comment justifier auprès de nos partenaires et amis l’existence et le rôle de notre association ? En attendant la rénovation du château, qui est le préalable à toute action d’envergure, notre association ne peut que se concentrer sur un travail de vigilance, d’information et de proposition. Mais c’est un rôle utile.

Vigilance, car il s’agit d’éviter des initiatives malencontreuses ou des projets déraisonnables qui dénatureraient le site, encore préservé.  Nous savons désormais que, de ce point de vue, après tant d’années d’inertie, la municipalité d’Obernai se montre attentive. Soyons-le avec elle.

Information, car la Léonardsau est encore mal connue, sur le plan régional et au-delà. Il s’agit d’augmenter le nombre de ceux qui s’intéressent à ce haut lieu et surtout à sa destination future, encore mal définie, mais résolument tournée vers le service de l’éducation et de la culture.

Proposition, car nous avons des idées à défendre, aussi bien pour la rénovation en cours que pour l’utilisation ultérieure des lieux, qui devraient, entre autres, servir à la mise en valeur de l’histoire et des œuvres d’art du Cercle de Saint-Léonard. Tout cela prendra le temps nécessaire.

Dans le domaine de l’information, notre Association a publié cette année de belles cartes postales, qu’elle vend à l’unité ou par lot de quatre. Elles sont disponibles à la Marqueterie SPINDLER.

Elle a aussi organisé en juin 2010, comme elle l’avait déjà réalisé l’année précédente, une soirée de cinéma en plein air qui a, malgré un temps plus qu’incertain, remporté un vif succès : le film D’r Herr Maire, de Gustave STOSKOPF, présenté par le petit-fils de l’auteur, l’historien Nicolas STOSKOPF, a fait revivre la plus célèbre création théâtrale d’un des membres fondateurs  du cercle de Saint-Léonard. Le public était nombreux, plus encore que l’année dernière pour la Décade prodigieuse de Claude CHABROL. Frank JUNG, notre trésorier, vous donnera quelques éléments chiffrés sur cette mémorable soirée. Nous envisageons de la renouveler en juin prochain, sur un programme encore à définir.

Autres moments forts : les Journées du Patrimoine, les 18 et19 septembre. J’ai conduit deux visites guidées d’une heure dans le parc de la Léonardsau, en mettant l’accent, conformément au thème choisi cette année par le ministère de la Culture, sur les « grands hommes » qui ont marqué ces lieux : c’est-à-dire le baron Albert de DIETRICH, créateur de la Léonardsau (et j’en ai profité pour évoquer l’étonnante lignée des DIETRICH), et aussi Édouard ANDRE, le génial concepteur de ce parc,  décédé en 1911 (et nous nous associerons à la célébration de ce centenaire). Ces deux visites-conférences ont eu un public attentif et intéressé : près de cent personnes le samedi et plus de cent cinquante le dimanche.

Ce public s’est ensuite retrouvé, encore plus nombreux, à la marqueterie de Saint-Léonard, que leur a fait visiter Jean-Charles SPINDLER, évoquant l’œuvre de son grand-père et celle de ses amis du Cercle de Saint-Léonard.

Voilà une transition toute trouvée pour vous parler du deuxième objectif de notre association : mettre en valeur le Cercle de Saint-Léonard, ce mouvement artistique créé à la fin du XIXe siècle autour de Charles SPINDLER et d’Anselme LAUGEL, dans l’esprit de l’Art nouveau.

Comme l’année dernière, je lance un appel à tous les membres de notre association pour qu’ils nous aident à identifier et à recenser  tous les documents et éléments d’information qu’ils pourraient rassembler sur cette période essentielle et encore si mal connue de l’évolution de l’art alsacien : œuvres d’art dans différents domaines (dessin et peinture, sculpture, mobilier, costume, verrerie, marqueterie, céramique, ferronnerie, architecture…), mais aussi documents écrits, correspondances et surtout photographies anciennes. Cette documentation pourrait être recueillie par Jean-Charles SPINDLER, donner lieu à d’éventuelles publications, être mise en valeur sur notre site internet.

Permettez-moi d’insister sur l’importance de ce site internet. Conçu par Christophe MEGEL et constamment actualisé et développé par Marie-Christine JUNG, il représente un travail de fond et une contribution essentielle de notre association aux recherches en cours sur cette période historique. C’est désormais un site de référence.

Il contient de nombreuses rubriques sur la vie de notre association : enjeux, actualités, activités diverses, bibliographie, revue de presse, liens avec d’autres associations.

Deux rubriques me paraissent particulièrement intéressantes : la notice bibliographique, qui recense plus de 150 ouvrages et publications sur les thèmes qui concernent notre association. Et la série de fiches biographiques consacrées aux principaux artistes du cercle de Saint-Léonard, fiches souvent rédigées par des spécialistes reconnus, comme celle du professeur Brigitte Wilke sur le grand peintre Lothar von Seebach.

Dans cet esprit, nous sommes heureux d’accueillir ce soir un jeune et brillant connaisseur de l’Art nouveau alsacien, M. Julien KIWIOR, qui anime avec son frère Walter une galerie d’art à Strasbourg et nous parlera de cette ancienne institution strasbourgeoise, le « Kunschthaafe », proche du cercle de Saint-Léonard ».

De nombreux points ayant été déjà abordés lors des débats qui ont précédé, cette présentation est un peu écourtée. Le rapport moral est adopté à l’unanimité.

Frank JUNG, trésorier de l’association, a présenté à l’assemblée les comptes financiers pour l’année écoulée (voir en annexe). Son rapport est adopté à l’unanimité.

Le président a rappelé à cette occasion que, selon les statuts, l’assemblée générale a la possibilité de demander la désignation d’un commissaire aux comptes, extérieur à l’association, pour vérifier les écritures du trésorier. Cependant, compte tenu du très faible budget en cause, il estime que cette désignation n’est pas indispensable. L’assemblée partage ce point de vue.

Au cours de la discussion qui a clôturé l’assemblée générale, on a noté l’intervention de M. Guillaume D’ANDLAU, membre du bureau, qui a présenté les activités de la fondation « Passions Alsace », et celle de M. Pascal BOURGIS, membre de notre association, spécialiste de la reconstitution historique en uniforme et qui a évoqué la possibilité d’organiser en 2011 une présentation de ce type dans le cadre idéal de la Léonardsau. Ces deux communications ont été accueillies avec intérêt et seront examinées par le bureau de notre association.

L’assemblée générale est close à 20 heures 20.

Elle est suivie par la conférence de M. Julien Kiwior sur le « Kunschthaafe », célèbre institution strasbourgeoise du début du XXe siècle, qui a rassemblé de nombreux artistes de l’Art nouveau alsacien et entretenait des liens étroits avec le Cercle de Saint-Léonard.


Annexe: RAPPORT FINANCIER 2010

Les comptes de l’exercice 2010 couvrent la période du 1er novembre 2009 au 1er novembre 2010.
 
RECETTES :  3309,60 €
 
COTISATIONS :
Nous comptons 139 membres actifs à jour de leur cotisation.
Avec 5 membres donateurs et la ville de Bœrsch qui nous a subventionnés, nous avons encaissé cette année un total de 2060 .- € de cotisations, subventions et dons (en hausse de 51 % sur l’exercice 2009)
 
LA RECETTE (BRUTE) DE LA SOIREE CINEMA : du mois de juin (ventes du bar et librairie) a totalisé 1249,60 €.
 
Hors nouvelles cotisations perçues, le bilan de la soirée fait apparaître un déficit de (1944,02 – 1249,6 = 694,42. – € ) à mettre sur le compte de la pluie qui a refroidi les consommateurs de boissons et tartes flambées alors que la fréquentation a été supérieure à celle de l’année précédente.


DEPENSES : 3517,32 €
 
Achats (boissons, gâteaux, location du film …) de la soirée cinéma : 2543,55 €
Frais de bureau (photocopies…) : 92,75 €
Investissements :
  • Achat de tee-shirt et de cartes postales : 546,08 €
  • Confection d’un panneau : 167,44 €
  • Assurance RC : 132,50 € (en augmentation de 8%)
  • Cotisations aux associations voisines du Kunschhaffe, des Amis de René Bazin, Edouard André : 45 €

L’exercice 2009/2010 accuse globalement un petit déficit de 207,72 €
 
Il n’y a pas de PASSIF et pas de CREANCE en cours
Aucune rémunération, salaire, honoraire ou intéressement ne sont distribués : Tous les membres sont bénévoles.

ACTIF en stock : 200 cartes postales – 15 tee-shirts – Un panneau
 
Notre compte bancaire du Crédit Mutuel, au 1er novembre 2010, est créditeur de 2573,69 € .

Tous les documents comptables sont à la disposition des membres qui en feraient la demande au bureau.
Les comptes ont été approuvés et quitus a été donné au trésorier à l’unanimité des voix (moins une abstention : F. JUNG)

 

 


Projection exceptionnelle du film D'r Herr Maire

dans le parc de la Léonardsau à Obernai/Boersch
 

Près de 300 personnes sont venues le 18 juin 2010 au parc de la Léonardsau assister à la projection en plein air du film « Dr Herr Maire », inspirée par la pièce de Gustave STOSKOPF. L'association des Amis de la Léonardsau et du Cercle de Saint-Léonard, épaulée par le MIRA (Mémoires des Images Réanimées d’Alsace) et le CRCC (Centre Régional du Cinéma Culturel) de Strasbourg, proposait en avant programme  tartes flambées, pâtisseries et boissons diverses.
 

Bernard Fischer, maire d’Obernai, s’est montré confiant quant à l’avenir du domaine. Ce printemps déjà, les services techniques de la ville ont réalisé un gros effort de réhabilitation du jardin. Le propriétaire actuel des lieux n’a pas caché qu’une Fondation de renom s’y intéressait. Un partenariat avec l’Association des Amis de la Léonardsau et du Cercle de Saint-Léonard pourrait être imaginé pour la sauvegarde du patrimoine artistique et culturel alsacien encore si proche et si vivant aujourd’hui. La marqueterie SPINDLER, non loin du lieu, en est un exemple remarquable.
 

Abrité sous un parapluie et coupé par quelques pannes de son, Nicolas STOSKOPF*, petit-fils de l'auteur de la pièce «D’r Herr Maire » a redéfini le contexte dans lequel l’œuvre a été écrite ainsi que les circonstances dans lesquelles le film a été tourné.
 

Le film
Le public de la soirée, resté en grand nombre malgré la pluie et le froid, n’a pas manqué d’être ému par cette comédie dramatique réalisée en août 1939. En effet, c’est juste avant les premiers bruits de bottes de la seconde guerre mondiale, en quatre jours seulement, que le réalisateur Jacques SEVERAC a tourné les extérieurs, essentiellement à Eckwersheim, avec le soutien du producteur BEAUJON, un Suisse alémanique, originaire de Bâle.
 

À l’affiche : Léonie BUSSINGER, Suzanne GROLIN, Georges MAURER et Louis GRUNDER interprètent les rôles principaux. Les acteurs s'expriment en dialecte comme dans la pièce originale. Les scènes intérieures, tournées en studio à Paris, ont été complétées par un sous-titrage français par la suite.
 

Pendant toute la durée de la guerre, la projection a été interdite. Le film n'a pu être projeté au cinéma UT à Strasbourg qu'en 1947. Ce fut alors un grand succès, resté au programme pendant plus d'un an. En 1983, la comédie dramatique a été reprise pour la télévision.
 

La pièce de théâtre
Le sujet met en scène un village alsacien dont le maire cherche à imposer un mariage de convenance à ses deux filles! Ambition, réalisme et attachement au terroir s'entremêlent dans des quiproquos tragico-comiques que l’histoire spécifique de la province explique.
 

La pièce a été écrite à la fin XIXe siècle par Gustave STOSKOPF (1869-1944) à Saint-Léonard, chez Anselme LAUGEL, à quelques pas du domaine de la Léonardsau d'Albert de DIETRICH. Elle a été traduite en français et donnée à Paris au théâtre Déjazet de 1902 à 1903 puis elle a été reprise à Strasbourg en 1908. Elle a même été jouée devant Guillaume II, empereur allemand et dernier roi de Prusse de 1888 à 1918.
 

L’auteur
Ce fut la première oeuvre d'une longue série du répertoire de Théâtre Alsacien de Strasbourg que Gustave STOSKOPF a fondé avec Julius GREBER, Charles HAUSS et Alexandre HESSLER en 1898. D’autres suivirent comme : « D’r Pariser Reis », D’r Millionpartie »,  « D’r Prophet », « D’r Candidat » , "E Demonstration", "D'r Hofliefrant", "D'r Verbotte Fahne" etc… Ces pièces de théâtre ont déjà rencontré à l’époque un énorme succès et ont valu à son auteur le qualificatif de Molière. Un membre de l’Association l’a même comparé à Marcel Pagnol.
 

L'auteur dramatique que fut Gustave STOSKOPF a laissé une œuvre considérable. Ses écrits témoignent de la vie quotidienne en Alsace et dépeignent d'une manière satirique le régime d'avant 1918. Mais il a aussi produit une oeuvre picturale de grand talent dont des portraits de paysans alsaciens aux traits bien marqués et des paysages romantiques de la vallée de la Zorn. Membre du Cercle de Saint-Léonard, Gustave STOSKOPF fut aussi à l'origine de la Société des Artistes Indépendants d'Alsace et la Société des Ecrivains d'Alsace et de Lorraine, de la Maison d'Art Alsacienne et du Musée Alsacien. Il fut aussi journaliste, patron de presse et pionnier de la radio.
 

* Nicolas STOSKOPF est professeur à l’Université de Haute Alsace, auteur d’un certain nombre d’ouvrages (“La Petite Industrie dans le Bas-Rhin-1810-1870” “Les Dynasties Industrielles” etc...), et Directeur du CRESAT (Centre de recherche sur les économies, les sociétés, les arts et es techniques).