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Georges SPETZ (1844-1914)

Écrivain, poète, compositeur, peintre, industriel et grand collectionneur


Photo de Georges SPETZ
Revue Alsacienne illustrée


Né à Issenheim le 31 avril 1844 et décédé au même endroit, le 11 novembre 1914.
Son père, Jean-Baptiste Spetz, industriel dans le textile, devient maire d’Issenheim. Sa mère, Marie-Ursule Wilhelm, décède lorsque Georges atteint l’âge de 9 ans. Sa grand-mère maternelle, Anne Marie Charlotte Françoise de Gombault s’occupera dés lors de son éducation.

Après des études à Colmar jusqu’à l’âge de 15 ans puis à Paris au collège Ste-Barbe, il rejoint l’entreprise familiale mais en abandonnant très vite à son beau-frère, Eugène Louis Constant Carpentier, la responsabilité des affaires.

Georges Spetz se passionne pour l’art et s’initie à la peinture auprès de l’artiste suisse Franz Ludwig von Niederhaeusern, installé à Mulhouse en 1862. Le jeune homme se rend à Rome puis s’inscrit à Paris dans l’atelier du peintre Antoine Bourlard (Mons 1826-Mons 1899), rencontré en Italie. Cet artiste belge a réalisé un grand portrait de Georges Spetz, aujourd’hui dans une collection privée. Georges Spetz fréquente aussi à Paris l’artiste alsacien, Jean-Jacques Henner.

Il aime peindre, des paysages surtout, de préférence à l’huile. Les vues champêtres dont il jouit autour de sa maison l’inspirent. Cependant « sa santé » écrit Anselme Laugel  dans la Revue alsacienne illustrée « n’est pas faite pour supporter les fatigues du travail en plein air » . Il expose néanmoins ses fusains et peintures au Salon des artistes français à Paris de 1870 à 1914 et à la Société Industrielle de Mulhouse où il obtient une médaille d’or en 1912.

À l’âge de 30 ans, cet artiste mélomane, pianiste de talent, compose L’Alsacienne sur des paroles de Ratisbonne, Au Bord de l’eau avec la complicité de Sully Prudhomme, des chants religieux, des lieder dont L’Inconsolé ainsi que des mélodrames pour récitant et piano, comme Le Pauvre et Le Sphinx sur des paroles de Maurice Bouchor et Borelli. Il est aussi l’auteur de morceaux pour orgue, piano et instruments à cordes ainsi que des pièces pour piano, harpe et violoncelle.


  Illustration de la légende "Le Diable au Hugstein"
de Georges SPETZ, signée Léo SCHNUG

 

Anselme Laugel dans la Revue alsacienne illustrée fait également allusion à  « des opéras de salon représentés chez lui dans sa galerie à l’occasion de réunions de famille : La Première pièce d’or, La Montre, La Belle au bois dormant et Cendrillon. Les livrets sont signés Mademoiselle Pellet, amie de la famille. Georges Spetz se consacre en outre à des adaptations musicales avec le compositeur Francis Thomé et travaille avec Auguste Stoeckli, musicien de talent.

Peintre, musicien mais aussi poète: il écrit: Le Retour au pays, Chrysanthèmes et première neige, La Dame blanche du Pflixbourg, L’Alsace à Jean-Jacques Henner, Un Soir d’été. Georges Spetz publiera aussi Theodolinde Waldner de Freundstein, illustré par Maurice Achener. Mais ses ouvrages les plus célèbres restent Légendes d’Alsace, illustrées par Victor Prouvé, Joseph Sattler, Léo Schnug et Charles Spindler (Strasbourg, 1905 et 1910) et L’Alsace gourmande, recueil de 140 recettes alsaciennes (Strasbourg 1914).

Enfin ce célibataire curieux et cultivé réunit progressivement une vaste collection d’objets d’art entreposée dans la villa familiale d’Issenheim: mobilier, poêles, tapisseries, tableaux, sculptures, orfèvreries, faïences. Cette deviendra internationalement célèbre: peu avant de mourir, il lègue sa collection à sa famille mais les autorités allemandes saisissent ses biens et les mettent sous séquestre. Faute de moyens, Colmar ne peut acquérir ces œuvres. Elles seront exposées plus tard à la Bibliothèque Humaniste de Sélestat, entre1920 et 1924.

Les objets seront dispersés ensuite à Nice, en Suisse et à New York, à l’exception d‘une Vierge à l’Enfant de la fin XVème siècle, en bois de tilleul, provenant du Couvent des Antonins, conservée aujourd’hui au Louvre à Paris.

 

 

Bibliographie:
-  Jean-Marie Schmitt, Nouveau Dictionnaire de Biographie Alsacienne, Vol. 35 page 3689
- François Lotz, Artistes Peintres alsaciens de jadis et de naguère (1880-1962) page 307 Edition Printek
- René Metz, Les peintres alsaciens de 1870 à 1914, thèse Strasbourg 1971
- Charles Spindler, L’âge d’or d’un artiste en Alsace, mémoires inédits 1889-1914. Page 233.Ed. Stanislas
- Paul-Philippe Meyer, Mémoire de DEA Université de Haute Alsace « Georges Spetz, industriel dans ses réseaux » 2002