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Louis FEINE

1868-1949

architecte de la Léonardsau

 


Issu d'une famille d'architectes, Louis FEINE a travaillé en collaboration avec son père Alfred Achille Napoléon et son frère cadet, Albert, au 223 boulevard St-Germain de Paris. Le jeune homme est sorti diplômé de l'Ecole des Beaux Arts de Paris en 1895 à l'âge de 27 ans. Quelques années plus tard, vers 1899, il répondit à l'appel d'Albert de DIETRICH et conçut avec lui les premiers plans de la demeure alsacienne d'Obernai.

La Léonardsau constitue la première de ses œuvres connues.

En 1902, l'architecte réalise pour René LALIQUE un hôtel particulier de style Art Nouveau dans le 8e arrondissement de Paris, au 40 cours Albert Ier. La façade rigide, rythmée par de nombreuses ouvertures, est décorée sur le thème de la pomme de pin. L'immeuble sera classé à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques peu de temps avant la guerre de 1939 et sa toiture néo-renaissance sera protégée en 1964.

Par la suite, Louis FEINE collabore avec son compagnon d'études, Ernest HERSCHER, connu comme graveur, à l'album des Frontispices pour des livres imaginaires de Paul Valéry. Ils conçoivent ensemble en 1905 un projet de grand auditorium en amphithéâtre, imaginé au centre de Paris, sur la place du Carrousel, devant les jardins de l'ancien Palais des Tuileries. Au delà de la portée sociale du projet, l'intérêt et l'originalité du projet reposent sur deux idées: respecter l'environnement par la construction de l'amphithéâtre en contrebas du sol sans l'enfouir, le niveau du bâtiment ne dépassant pas celui de la place et des jardins; l'autre est de le couvrir d'une toiture mobile rétractable jouant sur la couleur, la lumière électrique et la lumière naturelle, à l'aide du verre, du fer, du bronze et de l'électricité.

La mise en oeuvre des ressources de l'industrie moderne, inhérente à la réalisation de leurs idées, révèle ce qui semble le domaine de prédilection de Louis FEINE. L'Etat acquiert la maquette en 1910. En 1919, à l'occasion de l'exposition organisée au Grand Palais,  les deux architectes présentent leur projet modifié intitulé Projet de monument commémoratif de nos victoires, élevé à Paris, au Louvre, à la gloire du Poilu. Malheureusement il demeura sans suite. Entre temps (1910), FEINE réalise un immeuble à loyer modéré au 17 boulevard Bessières pour la Société des logements populaires hygiéniques. 

FEINE participe plus tard au vaste chantier lancé par l'Office des habitations bon marché du département de la Seine, destiné à mettre en place quinze cités-jardins.
De 1921 à 1930, il construit la cité-jardin de Cachan. Celle-ci se composait de 324 logements, maisons individuelles ou doubles, disposées en amphithéâtre autour d'une place de façon à aménager des points de vue. Elle a été détruite en 1963.
Il fut aussi chargé de la première campagne de restauration du Château de Syam, villa palladienne du Jura classée en 1994.

Ainsi l'intérêt de Louis FEINE se portait sur des conceptions hygiéniques et sociales de l'architecture ainsi que sur des matériaux nouveaux fournis par l'industrie, comme en témoigne son article "Les matériaux nouveaux utilisables pour la construction de nos habitations" paru dans le numéro spécial 4491 de l'Illustration : La maison de 1929.

 

D'après le mémoire d'Histoire de l'Art d'Annabelle Hebert-Durupt (2001)