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Edouard ANDRE

Une nouvelle Rose Edouard André Paysagiste

Lebandre, hybride de Rugosa Lebrun 2016

 

Saviez-vous qu’une rose avait été créée récemment en hommage à Edouard André?
Elle a été officiellement baptisée l’année dernière à Montdorf-les-Bains au Luxembourg, en marge de l’inauguration de la nouvelle roseraie du parc thermal dessiné par le paysagiste en 1888.

Il s’agit d’un rosier très rustique, résistant au froid et aux maladies. Sa floraison est remontante. Ses fleurs légèrement odorantes, les feuilles plutôt épaisses et un peu rugueuses.
Le pied, atteignant environ 90 cm, peut couvrir avantageusement sous-bois et talus.
Un exemplaire a été planté l’année dernière dans le parc Edouard André à la Croix-en-Touraine.
www.creamelarosa.com et association Edouard André (1840-1911)
http://www.melarosa.fr/formulaire.htm


On pourrait imaginer enrichir la Léonardsau de son pied vigoureux, capable de résister à nos froids de l’Est! Quelques plants pourraient être éventuellement ajouter à la roseraie que les Amis de la Léonardsau et du Cercle de St-Léonard ont restaurée en 2013 avec l’aide de la Fondation Passions Alsace et des services techniques d’Obernai.
 
C’est une opération qui pourrait être menée dans le cadre du grand projet de réhabilitation de la Léonardsau par la municipalité d’Obernai. Qu’en pensez-vous?

 

 

 


  

Par Stéphanie de Courtois

Docteur en Histoire de l’Art

 


Edouard André

Le parc de la Léonardsau offre un exemple magnifique d’un parc de la maturité d’Édouard André et du style composite ainsi que du fonctionnement des agences de paysagistes au début du XXe siècle.

Les témoignages et sources d’archives – trop rares – signalent en effet que sa conception s’étale sur vingt-cinq ans environ. Le parc connaît les interventions d’Édouard André, mais aussi de son fils René André qui se rend également sur place à plusieurs reprises, ainsi que de Jules Buyssens, collaborateur belge d’Édouard André, qui suit probablement le projet d’abord pour le compte de l’agence André, avant de le faire pour son compte propre après avoir quitté l’agence en 1902. Édouard André, pour assurer le suivi de ses innombrables chantiers, s’appuyait en effet sur des collaborateurs fidèles ainsi que sur son fils, fondant ainsi une école stylistique qui aura une large diffusion.

On ne sait encore comment Édouard André était entré en contact avec les Dietrich, mais ses différents autres projets en Alsace – dont La Robertsau pour madame de Pourtalès ou des parcs à Guebwiller pour les Schlumberger ou les Bary – ont pu permettre au Dietrich de se rendre compte de la qualité de ses interventions, de son respect des sites et de sa grande passion pour le règne végétal. Édouard André étant très sollicité dans les jardins de la Riviera, c’est peut-être également à Cannes que les Dietrich ont pu mesurer sa capacité à mêler parterres réguliers et style paysager pour inventer des jardins au style nouveau, tirant leur intérêt de l’adéquation au site et à l’architecture aussi bien de la tension entre ces deux modèles de composition.

La vie d’Édouard André fut dense et remplie de rencontres, de projets, de passions mais les recherches entreprises depuis quelques années par l’association Édouard André ont permis d’en retracer les grandes lignes.

 

LA VIE ET L’ŒUVRE D’EDOUARD ANDRÉ (1840-1911)

 

Il naquit à Bourges en 1840. Son enfance, au sein d’une famille d’horticulteurs, le fit évoluer dans un milieu dédié au monde végétal, dont l’étude l’a passionné et a déterminé son destin de botaniste et d’horticulteur. Il compléta sa formation auprès de grands spécialistes en arboriculture et en horticulture.

À vingt ans, il fut engagé par Alphand dans le service des parcs et plantations de la Ville de Paris où, pendant huit ans, il participa à l’essor sans précédent des parcs publics et des squares. Il se distingua lors de l’aménagement des Buttes-Chaumont, dont il dirigea les plantations.

Il reçut le premier prix à l’unanimité en 1867 au Concours international organisé par la Ville de Liverpool pour la création de Sefton Park, parc public de 150 hectares dont il dirigea les travaux. Ce succès fut pour lui un tremplin.

En 1872, il transforma la citadelle de Luxembourg, ceinturant la ville, en un grand parc paysager public associé à un vaste projet d’aménagement urbain. Rejoint ensuite par son fils, il travaillera pendant près de trente ans sur cette “Couronne verte”.

Dès lors, lui furent confiées de nombreuses transformations et créations de parcs, squares et jardins publics urbains en France, dans toute l’Europe et en Amérique du Sud, où il dressa les plans de transformation d’une partie de la ville de Montevideo en Uruguay.

Pour de nombreux propriétaires privés, il réalisa des parcs de style paysager ou bien de style mixte, ou composite : les parcs du Lude, de Caradeuc, plusieurs parcs en Lituanie, le parc de Weldam en Hollande dans le style classique dit “à la française”, des parcs de classification scientifique tels l’arboretum de Verrières pour la famille Vilmorin. Pour l’illustre collectionneur Jules Gravereaux, il créa la roseraie de l’Haÿ, d’une conception tout à fait novatrice, jouant sur les différentes possibilités de conduire les rosiers et en utilisant une classification scientifique qui fera référence.

Il pratiquait également des expériences horticoles, cultivait et hybridait des plantes rares ou indigènes dont de nombreuses portent son nom, dans sa propriété de La Croix, en Indre-et-Loire, où il mourut en 1911.

 

SES ECRITS ET SON ENSEIGNEMENT

 

En 1879, Edouard André publia le fruit de son expérience en matière d’art des jardins dans son ouvrage L’Art des jardins. Traité général de la composition des parcs et jardins, ouvrage fondamental réédité à plusieurs reprises. Lors de ses années à la Ville de Paris, il publia également plusieurs livres spécialisés sur l’étude du végétal.

D’un voyage en Amérique du Sud soutenu par le ministère de l’Instruction publique, effectué en 1875-1876, il rapporta de nombreuses espèces dont il confia l’étude à différents savants, en se réservant l’étude des broméliacées, qu’il publia sous le nom de Bromeliaceae Andreanae.

La plante la plus célèbre reste l’Anthurium Andreanum qu’il découvrit en Colombie. Le récit captivant de son voyage parut dans la revue Le Tour du monde et fut rassemblé en un livre, L’Amérique Equinoxiale en 1889.

Il participa à de nombreuses expositions internationales en tant que membre du jury. De plus, sa position de rédacteur en chef, à partir de 1882, de la célèbre Revue horticole en fait un personnage central du milieu horticole et de l’art des jardins de l’époque.

En 1892, il fut nommé professeur d’architecture des jardins et des serres à l’Ecole nationale d’horticulture de Versailles, prenant la suite de Choisy et Darcel dans la transmission des savoir-faire et la constitution d’une école stylistique qui rayonna à l’étranger.

À partir de 1892, son fils René-Edouard André, ingénieur des Arts-et-Manufactures, s’associa à ses travaux, ce qui accrut encore le rythme de ses réalisations dans le monde. René-Edouard André commença à enseigner au tournant du siècle à Versailles, pour devenir professeur titulaire de 1911 à 1936.

 

Petite bibliographie (voir aussi la bibliographie Côté jardins)

Maumené Albert. – « L’évolution du jardin paysager du XVIIIe au XXe siècles ». La vie à la campagne. 15 mars 1911.

Mosser Monique. – « Jardins ‘fin de siècle’ en France : historicisme, symbolisme et modernité ». Revue de l’art. 2000-3, n°129/, p. 41-60..

 

L’ASSOCIATION EDOUARD ANDRÉ (1840-1911)

“EDOUARD ANDRÉ, un véritable homme de la Renaissance…,

un visionnaire et un savant aux multiples talents.

Il fut à la fois botaniste et horticulteur, écrivain et rédacteur, architecte-paysagiste et explorateur scientifique.”

Victoria Padilla, « Edouard André », Pacific gardens, 1994.

 

L’ASSOCIATION ET SES BUTS

L’ampleur et la diversité des facettes de l’œuvre d’Edouard André alliées aux demandes émanant de chercheurs spécialisés du monde entier ont motivé la création d’une association regroupant les énergies en vue de :

  1. Répertorier ce patrimoine scientifique et architectural afin de favoriser la recherche sur l’agence André, pour que cette œuvre puisse susciter de multiples sujets d’étude, en France comme à l’étranger.

  2. Faire connaître cette œuvre fondamentale, témoignage vivant d’une époque charnière dans l’histoire de l’art des jardins, au moyen de publications, de rééditions de ses ouvrages, d’expositions ou d’événements thématiques.

  3. Animer le réseau des propriétaires et gestionnaires de parcs créés par l’agence André, et des responsables de ses archives, en les sensibilisant ou accompagnant dans leur souci de conservation, de restauration et de mise en valeur.


Ainsi, depuis 1994, l’association a organisé plusieurs voyages en France et à l’étranger « sur les traces d’Edouard André… » et propose régulièrement de découvrir des lieux rattachés à sa mémoire. En 1998, elle a organisé un colloque international qui a donné lieu à un ouvrage collectif, Edouard André, un paysagiste botaniste sur les chemins du monde (Ed. de l’Imprimeur, 2001).

Votre adhésion et votre soutien actif aideront l’association à développer les actions entreprises et à mieux faire connaître l’œuvre d’André. Pour tout renseignement, vous pouvez vous adresser au siège social de l’association,

Présidente : Florence André

La Vieillère 37150 La Croix-en-Touraine. Tel/Fax (0)2 47 30 38 04.

 

Secrétaire : Stéphanie de Courtois