Passer le contenu

Léo SCHNUG ( 1878-1933)


Léo SCHNUG
(Document Patrick HAMM
Au Grenier de Rathus)

 

Illustrateur et peintre

Né à Strasbourg le 17 février 1878 et décédé le 16 décembre 1933 à Brumath.

Son père, Maximilien, greffier de justice d'origine allemande, est interné prématurément pour maladie mentale. Le jeune SCHNUG dont la soeur vient de mourir à l'âge de 6 ans, se retrouve seul aux soins de sa mère, Marguerite LOBSTEIN de Lampertheim .
L'enfant se révèle turbulent et indiscipliné. Il fugue souvent et se débarrasse volontiers dans l'Ill de ses livres et cahiers! La situation de la famille est difficile. Pour survivre, la mère loue des chambres dans sa maison du 7 rue Graumann, au centre de Strasbourg, à des artistes du Théâtre Municipal. Par leur biais, l'enfant aura accès aux costumes de l'Opéra dont les collections seront une source d'inspiration.

Formé à l'Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg, le jeune Léo SCHNUG entre à l’Académie de Munich en 1898 où il suit les cours de Nicholaos GYSIS (1842-1901), peintre d'origine grecque. Grâce à Anton SEDER, son professeur aux Arts Décoratifs, l'artiste en herbe illustre des ouvrages pour GERLACH et SCHENK, éditeurs à Vienne. Il n’a alors que 17 ans.

Sa période la plus féconde dure jusqu’au début de la première guerre mondiale. SCHNUG réalise de nombreux dessins et allégories pour ex-libris, menus, cartes de voeux et faire-part. Un certain nombre d'entre eux sont imprimés par l'éditeur PELZ de Sigmaringen, ami de Charles SPINDLER. "Son souci de documentation, que ce fût dans le domaine des armes anciennes, du costume ou de l'art héraldique, était poussé à l'extrême" écrit Paul MARTIN en préambule d'un livre signé Auguste WACKENHEIM. Le goût du détail de Léo SCHNUG, en particulier dans le domaine militaire, impressionne ses commanditaires. Ses oeuvres portent l'empreinte du Jugendstil par ses réminiscences du Moyen Age. Elles témoignent aussi de sa mélancolie, de son angoisse et peut-être déjà de sa maladie...


Huile sur toile
de Léo SCHNUG

 

Grâce à Josef SATTLER, son maître, l'artiste fréquente le Cercle de St-Léonard et le Kunschthaafe. Ses dessins sont abondamment reproduits dans la Revue Alsacienne Illustrée. Il se lie d'amitié avec Léon HORNECKER et Robert FORRER, antiquaire suisse et archéologue. En 1901, il conçoit avec ce dernier une planche chronologique des découvertes archéologiques alsaciennes et lorraines.

Dés 1897, ses oeuvres sont présentées à l'Exposition des Peintres et Sculpteurs Strasbourgeois organisée par l'Hôtel de Ville de Strasbourg et le groupe de Saint-Léonard. L'artiste part en 1898-99 à Vienne où il réalise des cartes humoristiques pour les éditeurs PHILIPP & KRAMER et sa toute première fresque murale. A son retour à Strasbourg, il décore la façade du Restaurant "Zum Ritter" (FEC) et le "Lion d'Or" à Bischheim.
SCHNUG expose à Strasbourg, à la Société des Amis des Arts en 1901 et en 1904. Il participe au « Verband der Kunstfreunde in den Ländern an Rhein » dés 1902. Pour l'exposition de Turin, il peint un St-Georges terrassant le Dragon. Avec d'autres artistes alsaciens, l'artiste est présent à Nancy cette même année et au Salon BADER-NOTTIN l'année suivante. En 1903, il expose également des aquarelles au 2e Salon des Artistes Strasbourgeois du Château des Rohan. Parallèlement, il imagine un vitrail, Le Jugement de Richard Coeur de Lion, pour le Musée Historique de Haguenau. Le verrier SCHULER l'exécute et le pose en 1905. En 1906 et 1910, on le retrouve à la Maison d’Art Alsacienne de Strasbourg.

Au début des années 1900, l'artiste représente l'entrée solennelle de Sigismond à Strasbourg en 1411 pour le Lycée de Jeunes Filles. En 1904, il décore avec Charles SPINDLER (mobilier) la Pharmacie du Cerf, place de la Cathédrale. En 1909, il participe à la restauration du château de la Wartburg, en Thuringe, sous la direction de Moritz von SCHWIND.

Comme SATTLER, SCHNUG est appelé à illustrer les Légendes d'Alsace de Georges SPETZ (Le Diable au Hugstein). Il fournit aussi des dessins à Fritz KIEFFER, directeur de l'Imprimerie Alsacienne, pour l’illustration des Garnisons du XIXe siècle. Il illustre surtout pour Manias en 1909 les Images du temps passé ou Bilder aus Vergangener Zeit. Ce sont des scènes strasbourgeoises de différentes époques qui montrent la virtuosité de l'artiste et sa large connaissance des modes vestimentaires et des uniformes. Il exécute avec brio l'illustration de la Bataille de Nancy (1477) au cours de laquelle Charles le Téméraire aurait trouvé la mort. Cette oeuvre représente une magnifique Vierge de Strasbourg sur une grande banderole.
Léo SCHNUG réalise ainsi volontiers des compositions historiques comme les fresques murales de la Maison Kammerzell (1904-1905) à Strasbourg et du Château du Haut-Koenigsbourg (1909-1910).

A la déclaration de guerre, l’artiste est enrôlé comme sous-officier dans l’armée allemande. Ses excès de boissons le feront interner à plusieurs reprises. Il est assez rapidement jugé inapte puis réformé. Seule la défense de Guillaume II, qui l'avait décoré du Rote Adlerorden en 1912 pour ses réalisations au Haut-Koenigsbourg, lui évite les pires sanctions.

Dans les winstubs alsaciens, il paie ses additions par de petits dessins réalisés sur le coin d'une table. Son état de santé, aggravé par ses abus d'alcool, se détériore. Léo SCHNUG termine sa vie à Stephansfeld à Brumath après un bref séjour aux Hospices Civils de Strasbourg (1921-22). Il sombre dans la folie en 1924 et décède en 1933. Il est inhumé à Lampertheim aux côtés de sa mère.

Bibliographie :
- Le peintre Leo SCHNUG par Auguste WACKENHEIM, Editions Willy FISCHER 1971
- Les Artistes de jadis et naguère de François LOTZ, 1985, pages 284 et 285
- Article de Nicolas MENGUS du Nouveau Dictionnaire de Biographie Alsacienne, pages 3515 et 3516
- Catalogue d'exposition du Musée Historique de Haguenau 2001- Pia WENDLING