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Marie-Joseph ERB (1858-1944)

 


Médaillon exécuté par R. HETZEL
pour la tombe du Cimetière St-Gall
à Koenigshoffen.

Musicien, compositeur et organiste

 

Né à Strasbourg le 23 octobre 1858 et décédé le 9 juillet 1944 à Andlau. Il est enterré au cimetière St-Gall de Koenigshoffen à Strasbourg.
 

A partir de la Révolution, les ERB exercent de père en fils le métier d'organiste ou d'instituteur. Ainsi le jeune ERB naît dans l'ancien cloître de l'Ecole St-Jean à Strasbourg, dirigée par son père.
 

Ce dernier remarque les dispositions du jeune enfant pour la musique et l'invite, alors qu'il n'a que cinq ans, à assister à l'oratorio dirigé par Berlioz à Strasbourg, en 1863.
 

Après de brillantes études à l'Institut Belley-Mougel à Strasbourg, le jeune homme étudie le chant et la musique à l'Ecole Niedermeyer de Paris. De 1874 à 1880, Marie-Joseph ERB y a pour maîtres Camille SAINT-SAËNS, Gabriel FAURÉ, l'organiste Eugène GIGOUT et Charles-Marie WIDOR avec qui il entretient une correspondance suivie. Il rencontre André MESSAGER, Alexandre GEORGES mais surtout Léon BOËLLMANN (1862-1897), de quatre ans son cadet, originaire d'Ensisheim.

Après ses études, ERB décide de revenir en Alsace et il fonde avec l'abbé HAMM l'Association Ste-Cécile et la revue Caecilia. Leurs buts: réformer la musique religieuse et l'interprétation du chant liturgique. Le musicien se lie d'amitié avec la pianiste Marie JAËLL. De quelques années son aînée, celle-ci lui apporte son soutien. Elle suscite en 1884 à Eisenach (Allemagne) une rencontre avec Franz LISZT. ERB dédie au grand compositeur un de ses premiers recueils de pièces pour piano. En 1883, le musicien exerce la fonction d'organiste à l'église St-Georges de Sélestat. Par la suite, il obtient ce poste à l'église St-Jean de Strasbourg car de graves problèmes oculaires l'obligent à renoncer à la direction d'orchestre.
 

En septembre 1887, ERB épouse la musicienne Marie Cécile Adam (1862-1923) dont il aura deux enfants, Jean et Jeanne.
 

Marie-Joseph ERB appartient au groupe de Saint-Léonard et assiste aux réunions d'Auguste MICHEL à Schiltigheim. "La musique y tenait un rôle prépondérant. C'est là que ERB nous donnait la primeur de ses compositions: son choeur rustique était devenu le choeur du Kunschthaafe." écrit Charles SPINDLER dans ses Mémoires Inédits (page 85).
 

 


Extrait des Images Alsaciennes montrant
un début de partition du compositeur ERB,
dédicacé à Auguste MICHEL.
Texte de Gustave STOSKOPF

 

En 1903, ERB perd son fils aîné, Jean. L'année suivante, son frère Georges. Le musicien est fortement marqué par le décès de ses proches. Il s'oublie dans la création musicale. Après l'opéra "Der Letzte Ruf", "Schalu" évoqué dans la Revue Alsacienne Illustrée, l'auteur écrit avec le poète alsacien Gustave STOSKOPF un drame lyrique "Abendglocken" qui connaît un grand succès à Strasbourg.
 

 

A partir de 1908, le compositeur se lie d'amitié avec Albert SCHWEITZER. Ils participent ensemble à quelques projets de restauration d'orgue. Le médecin jouera d'ailleurs cet instrument en première audition de la Deuxième Symphonie pour Orgue et Orchestre Speravi opus 77, en décembre 1909, à la Salle des Fêtes de Strasbourg.
 

En 1910, Marie Joseph ERB est nommé professeur au Conservatoire de Strasbourg par le nouveau directeur Hans PFITZNER. On lui confie la direction des classes d'orgue et de composition, puis de 1919 à 1937, celle des classes de piano supérieur et de théorie musicale.
 

Sa Missa Solemnis de St-Jean Baptiste pour choeur à six voix mixtes op. 78 est chantée pour la première fois par la chorale de l'église St-Jean dont les orgues ont été construites en 1902 par Martin RINCKENBACH, sous sa surveillance. L'été 1914, la famille s'installe au Hohwald. Après un Requiem pour choeurs op.87, une Méditation pour violoncelle et orgue, ERB compose la Messe Dona nobis Pacem, très connue et chantée par toutes les chorales d'Europe mais aussi aux lointaines Amériques.
 

Au Congrès de Musique Sacrée de Strasbourg (26-31 juillet 1921), ses oeuvres de musique religieuse suscitent une véritable ovation.
 

En 1923, ERB perd sa femme. Il se remarie avec Juliette Fey, une de ses élèves, dont il aura un fils, Jacques. C'est pour lui un nouveau départ: il compose alors essentiellement de la musique d'église démontrant sa foi religieuse.
 

En septembre 1939, c'est l'évacuation de la population strasbourgeoise en Dordogne. ERB dépose ses manuscrits chez le Pasteur SCHULTZ à Barr et rejoint les siens à Périgueux. Il participe à la "Messe des Alsaciens" en jouant du grand orgue. En octobre 1940, il rentre en Alsace avec bon nombre de compatriotes. Début 1943, de sérieux problèmes de santé (décollement de la rétine, grippe, pneumonie) l'affaiblissent. Le compositeur part en convalescence à Andlau et recommence à écrire. Mais ses dernières oeuvres auraient disparu lors d'un bombardement. En février 1944, peu avant sa mort, il dédie encore une Messe pour choeur mixte au Chanoine HOCH de la Cathédrale de Strasbourg. (Voir lien pour la liste complète de ses oeuvres)
 

Bibliographie :
- Un grand musicien français, Marie-Joseph ERB, sa vie et son oeuvre aux Editions Le Roux Strasbourg-Paris 1948
- Article de Georgette KRIEG et Isabelle BLONDE dans le Nouveau Dictionnaire de Biographie Alsacienne, pages 828 et 829