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Charles BASTIAN (1874-1952)

Aquarelliste, illustrateur, céramiste-émailleur, antiquaire.

Né le 13 juillet 1874 à Strasbourg, rue du Faubourg National et décédé le 14 octobre 1952 à Strasbourg.

Son père Charles, du même prénom que lui, réside au-dessus de la boulangerie de la rue St-Marc, proche des Hospices civils où il fut économe de 1887 à 1912, puis sapeur-pompier.

Charles fils entre très jeune à l’Ecole des Beaux-Arts de Strasbourg avec son ami Victor Léon ELCHINGER. Mais c’est à Munich qu’il va parfaire sa formation avec Léo SCHNUG.

En 1899, il dispense des cours de dessin à Colmar. En 1900, il est nommé professeur de peinture-décoration à l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg.

Il dessine des cartes postales et des menus pour le Kunschthaafe et participe avec Lucien BLUMER aux réunions d’Auguste MICHEL. Le jeune homme fréquente le Cercle de Saint-Léonard bien qu'il soit un peu plus jeune que les principaux artistes du groupe.

Charles BASTIAN réalise des dessins, gouaches et aquarelles parfois soulignées de rajouts de craie. Ses sujets favoris sont les fleurs, notamment  pétunias, chrysanthèmes, roses trémières et fougères. Mais il aborde aussi le dessin animalier et le portrait. Ses oeuvres sont exposées à la Société des Amis des Arts de Strasbourg en 1901, au Salon Grombach de la rue St-Nicolas à Strasbourg en 1903, ainsi qu'à la Maison d’Art Alsacienne à Strasbourg entre 1906 et 1908.

Son style est marqué par l'Art Nouveau. Comme bon nombre d’artistes de son époque, Charles BASTIAN se rapproche de l’industrie pour diffuser son savoir-faire. Il apporte volontiers sa collaboration aux manufactures textiles de la région en leur proposant des motifs floraux variés pour la décoration de tissus.

Il travaille aussi la céramique dans son atelier de la Porte-Blanche où il dispose d’un four. Il réalise ainsi le pavement du bénitier de la Cathédrale de Strasbourg (bas-côté nord), les tuiles vernissées de la Collégiale St-Martin à Colmar ainsi que les carreaux de terre vernissée à l’entrée du Musée de Haguenau, selon des dessins de Léo SCHNUG. Ces panneaux représentent Frédéric Barberousse dans sa résidence impériale et l’atelier de Diebold Lauber, célèbre illustrateur du XVe siècle à Haguenau.


Carreaux en céramique représentant des martins-pêcheurs
sur une branche, signé en bas à gauche (33x39cm)
À partir de 1909, Charles BASTIAN se consacre au commerce des antiquités (magasin renommé tout proche de la Cathédrale de Strasbourg). Il s'intéresse à la ferronnerie, la gravure, la statuaire, mais surtout à la céramique des Hannong de Strasbourg et aux faïences et porcelaines de Niederwiller du XVIIIe siècle dont la manufacture a été fondée en 1754 par Jean-Louis de Bayerle .

Son fils Jean, toujours bon pied bon oeil dans le magasin du centre de Strasbourg, garde encore aujourd’hui la passion du dessin enseigné par son père. Il exécute pour son plaisir de jolies illustrations des Fables de La Fontaine et d'originaux abécédaires. Spécialisé dans le mobilier XVIII et XIXe, Jean BASTIAN a été Président de la Chambre Nationale des Experts Spécialisés pendant sept ans (entre 1978 et 1985) et a structuré les règles d’adoubement de sa branche d’activité.

Jacques, le petit-fils, a réalisé avec sa femme Marie-Alice, un travail considérable sur la faïence européenne du XVIIIe siècle, couronné par une thèse de doctorat sur les Hannong. Ils publient régulièrement différents ouvrages et articles de référence sur le sujet et sont souvent sollicités, à titre d'experts nationaux et internationaux.

Frédéric, dernier du nom, a soutenu en 2008 un mémoire sur l’ornement rocaille sculpté du XVIIIe siècle à Strasbourg.

Bibliographie :
Artistes peintres alsaciens de jadis et de naguère de François LOTZ aux Editions PRINTEK (page 26)
" Le Kunschthaafe" de Walter et Julien KIWIOR pages 260 et 261.