Passer le contenu

Josef Kaspar SATTLER (1867-1931)

Dessinateur, graveur, illustrateur, théoricien.

Né à Schrobenhausen en Bavière le 26 juillet 1867, décédé à Munich le 12 mai 1931.
Son père exerce le métier de peintre-décorateur à Landshut. Très jeune, l'artiste s'initie à la dorure dans l'atelier paternel.

Jusqu’en 1880, Josef SATTLER est au collège. Le professeur Heinz HEIM lui prodigue quelques cours après son entrée manquée en 1882 à la Kunstgewerbeschule. SATTLER accède néanmoins, en 1883, à l’Académie des Beaux-Arts de Munich, où ses professeurs principaux sont HAKL, RAUPP, GYSIS et SEITZ. Mais l’artiste parcourt aussi les musées. Il est fortement marqué par l’art médiéval. Sa rencontre à Munich avec Léon HORNECKER, artiste alsacien,  sera déterminante. Ils reviennent ensemble à Strasbourg en 1891.

Dés son arrivée, SATTLER est engagé comme professeur de dessin à l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg. Son contrat n'excède pas six mois, car il se révèle réfractaire aux règles administratives de l'école dirigée par Anton Zeder! L'artiste rencontre Charles SPINDLER à la Mehlkischt. Il devient l'un des piliers du Cercle de Saint-Léonard et du Kunschthaafe. L'habile dessinateur réalise alors des illustrations d'ouvrages, menus, ex-libris, dont ceux de Hugo HAUG, Pierre BUCHER, Ferdinand DOLLINGER et bien d'autres. On apprécie son sens du détail et son trait précis.

SATTLER publie à compte d'auteur dés 1892 un recueil de dessins, intitulé Die Quelle (La Source). En 1893, il initie avec Charles SPINDLER Les Images Alsaciennes. Y figure notamment une illustration de la Guerre des Paysans de 1525, thème qu'il développera en 30 tableaux où il donne pour la première fois la pleine mesure de son talent.
Son style rappelle les graveurs allemands : Albrecht DURER, Hans BALDUNG, Urs GRAF  (XVIe siècle).
Sous l’instigation de Gustave STOSKOPF, il participe avec MARZOLFF au Salon Parisien où ses dessins lui valent les éloges des critiques les plus écoutés. En 1894, La Plume organise une exposition de ses travaux et l'artiste est invité à les présenter à Berlin au Musée d'Art Industriel.

L’éditeur STARGARDT lui propose alors un contrat pour la revue Pan. Dans l’album Les Anabaptistes, il évoque les horreurs du siège de Munster en Westphalie en 1535. Cette oeuvre lui vaut une renommée internationale.
L'auteur publie en 1896 une thèse sur la correspondance des couleurs, des sons, des éléments et des conditions de vie, sous le titre Meine Harmonie.
De 1897 à 1901, l'artiste participe à de nombreux ouvrages. Notamment l'illustration de l'Histoire de la Civilisation dans les villes du Rhin en 4 volumes d'Heinrich BOOS.
 
Josef SATTLER expose au Salon des Amis des Arts en 1895 à Strasbourg, au premier Salon des Artistes Strasbourgeois en 1897, puis illustre  « Die Niebelungen », poème qui raconte les traditions des Francs, des Burgondes et des Goths, dont les premières images ont été primées à l’exposition Universelle de Paris, en 1900. Qui mieux que lui peut brosser un tableau des coutumes de l'ancienne Germanie devenue chrétienne et chevaleresque?
En 1904, l'illustrateur revient à Strasbourg et retrouve ses amis du Cercle de Saint-Léonard. Il collabore activement à la Revue Alsacienne Illustrée, et illustre notamment Le Secours des morts de Georges SPETZ pour ses Légendes d’Alsace.
En 1907,  SATTLER expose au Musée des Beaux Arts de Mulhouse.
 
Son crayon saisit avec réalisme les souffrances des plus humbles jusqu’à se complaire parfois dans le morbide.

Josef SATTLER passe l’hiver 1914-15 de la première guerre mondiale sur le front ouest. Après la guerre, il revient et reste à Munich, auprès de sa soeur. Il rencontre Heinrich GRAF qui lui enseigne la lithographie. Ensemble, ils participent à quelques publications.

En 1931, année  de sa mort, une grande rétrospective de son œuvre est donnée au Palais de Rohan à Strasbourg. La liste complète de son œuvre est publiée par Th. KNORR en 1932.

Bibliographie :
Article de François Joseph FUCHS, pages 3373 et 3374 du Nouveau Dictionnaire de Biographie Alsacienne
Le Kunschthaafe de Walter et Julien KIWIOR pages 302 à 307.
Artistes Peintres Alsaciens de jadis et de naguère de François LOTZ pages 270 et 271.
Revue Alsacienne Illustrée (Volume de 1906, pages 45 à 88 par Alain MOUREAU du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale de Paris et Alfred REGENER)