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Gustave STOSKOPF (1869-1944)

Dessinateur, peintre, écrivain, poète, directeur de journal et d’imprimerie
 

Gustave STOSKOPF naît le 8 juillet 1869 à Brumath où son père exploite une tannerie. Il meurt à Brumath le 6 décembre 1944 en plein combat de la Libération.

Il manifeste très jeune des dons pour la comédie, la poésie et le dessin. Le peintre Louis SCHUTZENBERGER, séduit par ses premiers portraits, convainc ses parents de l'envoyer faire des études à Paris : il y passe quatre années, la première (1887-1888) à l'Académie Colarossi, les suivantes à l'Académie Julian où il est l'élève de Jules LEFEBVRE, Benjamin CONSTANT et Henri DOUCET. Il part ensuite pour Munich, obtient une dispense militaire et s'initie au paysage à l'Académie royale sous la conduite de Paul HÖCKER.

Après une nouvelle année à Paris, où il travaille à l'école des Beaux-Arts dans l'atelier de Jean-Paul LAURENS, il se lie, de retour à Strasbourg en 1894, avec Léon HORNECKER, puis Charles SPINDLER, Josef SATTLER, Alfred MARZOLFF, Paul BRAUNAGEL, et avec quelques autres jeunes artistes qui prennent l'habitude de se réunir chez Anselme LAUGEL, à Saint-Léonard. STOSKOPF anime les soirées de la Mehlkischt, cabaret où se retrouvent artistes et étudiants francophiles, et, d'avril 1896 à 1906, les rencontres du Kunschthaafe chez le fabricant de foie gras Auguste MICHEL à Schiltigheim. Il publie avec succès deux ouvrages de poésies satiriques (Luschtig’s üs’m Elsass, 1896 ; G'spass un Ernscht, 1897) et collabore à la Revue alsacienne illustrée de SPINDLER.

De sa rencontre avec Julius GREBER, Charles HAUSS et Alexandre HESSLER, naît en février 1898 le Théâtre alsacien de Strasbourg (TAS). STOSKOPF écrit d'emblée le chef-d’oeuvre du théâtre dialectal, D'r Herr Maire, qui fait un triomphe lors de la première du 27 novembre 1898. Traduite en français, la pièce est donnée à Paris au théâtre Déjazet en 1902-1903, puis reprise à Strasbourg en 1908, jouée devant Guillaume II, filmée pour le cinéma par Jacques SÉVERAC en 1939 et pour la télévision en 1983. Jusqu'en 1907, le TAS crée chaque année une ou deux nouvelles pièces de STOSKOPF, surnommé « le Molière alsacien ». Au total, le TAS, dont il est devenu président en 1901, a donné 735 représentations de ses oeuvres au cours du XXe siècle.

Avec LAUGEL et SPINDLER, il lance l’idée en 1900 de la création d'un musée alsacien à Strasbourg. Il se met par ailleurs au service des artistes en organisant en mai 1903 une exposition collective au château des Rohan, prélude à la création en avril 1905 de la Société des artistes strasbourgeois, dont il assure le secrétariat (1905-1919), et en décembre 1905 de la Maison d’art alsacienne, rue Brûlée, qui, sous sa direction et celle de Théodore KNORR de 1905 à 1919, devient le centre de toutes les manifestations artistiques de l'époque.

STOSKOPF s'intéresse également à la presse : il fonde en 1909 avec l’avocat S. ROSENTHALER, la Strassburger neue Zeitung, un journal libéral-démocrate, qui est le premier à Strasbourg à être imprimé pendant la nuit, à être porté le matin à domicile et à compter deux éditions quotidiennes. Il occupe rapidement le premier rang dans la presse régionale avec un tirage de 45 000 exemplaires.

STOSKOPF en assure la direction tandis que Rosenthaler et René SCHICKELÉ en sont successivement les premiers rédacteurs en chef, entourés de collaborateurs de premier plan (Otto FLACKE, Ernst STADLER, Charles FREY , Theodor HEUSS, Emma MULLER). Évincé de la direction après la guerre, STOSKOPF fonde en novembre 1919 et préside le Syndicat des éditeurs de journaux d'Alsace et de Lorraine.

Tout en continuant à assurer de multiples fonctions comme présidentdirecteur du TAS et du Syndicat des théâtres alsaciens jusqu'en 1940, viceprésident jusqu'en 1929, puis président de la Société des artistes indépendants d'Alsace, président de la Société des écrivains d'Alsace et de Lorraine de sa fondation en 1927 à 1944 , STOSKOPF peut se consacrer davantage à sa carrière de peintre : c'est à partir de 1922 qu'il peint ces grands portraits de paysans alsaciens qui ont fait sa réputation. Ses oeuvres entrent dans les collections des musées de la Ville de Paris, de Strasbourg, Colmar, Mulhouse, Fribourg-en-Brisgau, Karlsruhe, Darmstadt. Deux de ses tableaux sont achetés par l'État.

Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1931.

Dans les années 1930, STOSKOPF prend de nouvelles initiatives : membre du comité directeur de Radio-Strasbourg dès sa fondation en 1930, il est un pionnier de la radio, assurant quelque 225 soirées dialectales alsaciennes jusqu'en 1939. Il fonde en 1935 et préside la Société pour la Conservation du costume paysan alsacien. Il redresse la Maison d’art alsacienne et la rouvre au public en juin 1936. Son 70e anniversaire en juillet 1939 fait l'objet d'un hommage public au Wacken où lui est remise la médaille d’or de la Renaissance française.

Réfugié à Saint-Dié en septembre 1939, il revient à Strasbourg en 1940, mais privé de ressources à la suite des différents séquestres décidés par les nazis, il se retire à Brumath où il consacre ses dernières années à la peinture.

 

 

Nicolas STOSKOPF