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Charles SPINDLER (1865-1938)

Peintre, aquarelliste, marqueteur, écrivain, photographe

Né à Boersch le 11 mars 1865, décédé à Saint-Léonard le 3 mars 1938.

Son père est notaire. Sa mère l’inscrit dés l’âge de 12 ans au cours de dessin de la veuve de Théophile SCHULER. C’est auprès de son oncle, Louis Pierre SPINDLER, artiste-peintre, qu’il puise un encouragement à persévérer dans la peinture et le dessin.

Charles SPINDLER profite d’une bourse en 1882, pour étudier dans les Académies de Düsseldorf, Munich et Berlin jusqu’en 1888. Il se forme auprès de Peter JANSSEN, Carl RICKELT, Hugo VOGEL et HELLQUIST. À Munich, il rencontre Fritz von UHDE qui fonde la Sécession Munichoise avec Max LIEBERMANN.

Il retrouve aussi Martin FEUERSTEIN, peintre d’art sacré, originaire de Barr. En 1887, FEUERSTEIN recommande le jeune artiste aux frères OTT, verriers. Charles SPINDLER exécute des dessins de vitraux pour la Brasserie Schützenberger, place du Corbeau à Strasbourg. Après ses études et son service militaire, son retour à Boersch est difficile. Les commandes sont rares. Il a la chance de se lier d’amitié avec Anselme LAUGEL, son voisin de Saint-Léonard. Ce dernier, homme de lettres, politicien, écrivain et peintre à ses heures, le soutient et l’encourage dans toutes ses entreprises.

En 1893, Charles SPINDLER lance avec Josef SATTLER Les Images Alsaciennes qui paraîtront jusqu’en 1896. Il crée ensuite la Revue Alsacienne Illustrée (1898-1914) qui deviendra le fer de lance du groupe de Saint-Léonard où il a installé ses ateliers en 1897.

Autour de lui et d’Anselme LAUGEL se regroupent des artistes et intellectuels de tout horizon. Ils se retrouvent au Dîner des 13 organisé par Anselme LAUGEL, à la Mehlkischt à Strasbourg et autour d’Auguste MICHEL, au Kunschthaafe de Schiltigheim.

Charles SPINDLER redécouvre en 1893 la technique de la marqueterie. Il renouvelle cet art en l’utilisant comme technique picturale, non comme simple ornement décoratif. L’Alsace, avec ses paysages et ses habitants, constitue sa principale source d’inspiration. Il saisit des vues de village et des scènes intimistes en aquarelles et en photographies dont certaines servent de canevas à ses marqueteries.

L’artiste crée aussi de grandes compositions d’esprit symboliste, puisant dans le Moyen-âge, la nature et l’histoire des thèmes à illustrer. L’esprit Art Nouveau qui fleurit à Nancy, comme de l’autre côté du Rhin, imprègne ses créations. En contact avec l’Autrichien Josef Maria OLBRICH, l’Allemand Peter BEHRENS et le Français Victor PROUVE, Charles SPINDLER rêve d’art total. Il illustre affiches et livres, il dessine service de verres, petits objets, boites et plateaux, boiseries mais surtout des ensembles de meubles marquetés destinés à la décoration intérieure. L’artiste travaille en collaboration avec d’autres, comme Léon ELCHINGER (poterie), les frères ZSCHOCK (serrurerie) ou RINGEL d’ILLSACH (sculpture).

Récompensé lors de grandes expositions comme l’Exposition Universelle de Paris en 1900 et à l’étranger, à Turin en 1902, à Saint-Louis (USA) en 1904, à Dresde en 1906, à Leipzig en 1912 et à Paris en 1925 et en 1937, il se fera connaître également par la décoration de restaurants (Brasserie Jenny à Paris), d’églises (le Chemin de Croix du Mont Sainte-Odile) de paquebots et d’hôtels particuliers (Léonardsau).

Le talent de Charles SPINDLER est multiple. Il écrit Ceux d’Alsace (1925), Bei uns im Elsass (1933) ; il illustre de nombreux ouvrages, comme Costumes et Coutumes d’Alsace, publié avec A. LAUGEL, Les Oberle de René BAZIN ou Demeures amies en Alsace de V. KAESTNER ; L’Alsace pendant la guerre 1914-1918 et Mémoires inédits sont des journaux qu’il tenait régulièrement. SPINDLER enfin photographie. Une Alsace 1900 recense ses meilleurs clichés pris au tournant du siècle. Infatigable, intarissable sur ce qu’il aime le plus : l’Alsace.

Située au carrefour d’influences internationales, l’oeuvre de Charles SPINDLER s’inscrit véritablement dans le mouvement de rénovation des arts décoratifs de l’époque 1900. Mais son plus grand mérite aura été d’être un pionnier, un fédérateur d’énergies et un prospecteur de talents dont on découvre encore aujourd’hui les multiples facettes.