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Anselme LAUGEL (1851-1928)

Homme politique, écrivain, peintre et mécène

Né à Strasbourg le 3 avril 1851 et décédé le 29 juillet 1928 à Boersch/Saint-Léonard.

Il est issu d’une riche famille de ferronniers serruriers du Kochersberg. Mais selon Jacques WEISSENBURGER, un des descendants de la famille, sa source de revenus provenait surtout de la potasse. L’une des branches de la famille possédait également des vignes dans la région.

Les études secondaires d'Anselme LAUGEL se déroulent d’abord au Lycée de Strasbourg, puis au Collège des Jésuites à Metz, enfin rue de la Porte à Paris. En novembre 1870, il s’engage dans les légions alsaciennes, en formation à Lyon. Après l'annexion de l’Alsace par l’Empire, A. LAUGEL rejoint Paris où il travaille au Ministère des Finances pour Frédéric PASSY (1822-1912) économiste et homme politique (Prix Nobel de la paix en 1901), puis à la questure du Sénat.

Passionné d’art, A. LAUGEL suit les cours de FEYEN-PERRIN et consacre ses loisirs à la peinture et au dessin. Tous les ans, il passe ses étés à Saint-Léonard où son père possède une maison. Il fait la connaissance de Charles SPINDLER en 1886. Il devient son ami et le soutiendra fidèlement dans toutes ses entreprises.

Grand amateur d'art et défenseur de l'identité alsacienne, il participe avec Charles SPINDLER à la création de La Revue Alsacienne Illustrée (1898-1914) et à l’animation du Cercle de Saint-Léonard. Gustave STOSKOPF lui dédie sa pièce D’r Herr Maire écrite à Saint-Léonard.

De retour en Alsace en 1891, il est élu en 1897 au Bezirkstag pour le canton de Rosheim, puis siège de 1900 à 1912 comme député au Landesausschuss, parlement régional dont il présidera le groupe parlementaire du Centre Alsacien-Lorrain, à partir de 1907. En 1908, il publie dans la Revue Politique et Parlementaire un article suggérant une Alsace-Lorraine indépendante sous la protection conjointe de la France et de l’Allemagne. En 1911, il est battu aux élections à la seconde chambre du Landtag. Il fonde l’Association des Viticulteurs d’Alsace dont il assure la présidence.

En 1914, craignant d'être arrêté pour ses activités francophiles, il se réfugie en France à la veille de la déclaration de guerre. Il est déclaré Landesverräter, traître à la patrie, par les autorités allemandes.

De retour à nouveau en 1918, il est chargé de l'inventaire des musées et des bibliothèques, mais aussi de révoquer les employés allemands, ce dont il s'acquitte avec zèle.

De 1919 à 1923, il est président de la Ligue d’Alsace Française et vice-président des Engagés volontaires d’Alsace et Lorraine. Il se rapproche plus tard des milieux politiques du Journal d’Alsace et de Lorraine.

Anselme LAUGEL est un passionné de la culture alsacienne. Il écrit des ouvrages sur ce sujet, notamment Costumes et Coutumes d’Alsace en 1902, illustré par Charles SPINDLER et L’art Populaire en Alsace en 1905. En 1918, il publie « La Résistance de l’Alsace-Lorraine » aux éditions H. FLOURY, La Terre Fidèle et La Formation du Caractère Alsacien. La Première classe est une pièce en un acte publiée en 1919.